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Notre dossier Radon

Le radon est un gaz naturel inerte et radioactif, dépourvu d’odeur, de couleur et de goût, présent sur toute la croûte terrestre, mais sa concentration est plus grande en présence de roches granitiques ou volcaniques car plus riches en uranium-238 dont il est un descendant suite à une désintégration radioactive naturelle .

Dans la nature, dilué dans l’air ambiant, sa concentration est trop faible pour être préoccupante . En revanche, lorsqu’il se trouve piégé dans une pièce de vie, il peut atteindre des concentrations élevées de nature à poser un risque pour la santé à long ou moyen terme, selon les individus et les durées cumulées d’exposition.

Classé en 1987 par le CIRC (Centre international de recherche sur le cancer) cancérogène pulmonaire certain pour l’homme, il serait responsable, en France, d’environ 2000 morts par an par cancer du poumon (en fait entre 1200 et 2900 décès par an lui seraient imputés ). Le tabagisme actif a un effet synergique sur son action puisqu’il multiplie par 25 le risque de cancer du poumon, et une exposition au radon dans l’enfance est de nature à potentialiser les conséquences d’un tabagisme ultérieur.

Le becquerel par mètre cube (Bq/m3 ) est l’unité de mesure de l’activité volumique du radon Des zones fortement émissives bien ciblées en France La Bretagne, le Massif Central, les Vosges, les Alpes ou la Corse sont fortement exposées. Le niveau moyen national dans l’habitat est de 65 Bq/m3 (avec un échelonnement entre 5 et près de 4964 Bq/m3), à comparer à 20 Bq/m3 pour le Royaume Uni et à 108 Bq/m3 pour la Suède. Un arrêté de 2004 avait conduit à l’établissement d’une liste de 31 départements prioritaires. Ce calcul étant basé sur une moyenne de chaque département, le département 44 n’y apparaissait pas. Depuis, l’IRSN (Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire) mène un vaste programme de mesures nationales à l’échelle de la commune, ce qui conduit à une requalification des zones mesurées.

Radon_carte

La carte du risque radon en Maine&Loire

Le cas de la ville de Nantes

Ainsi, l’IRSN vient de classer la Ville de Nantes comme « ville à potentiel radon moyen ou élevé ». Le seuil de référence officiel dont le dépassement n’est pas souhaité est de 400 Bq/m3 mais la Ville de Nantes a fixé ce seuil à 300 Bq/ m3. Les actions de la Mission Santé Publique de la Ville de Nantes : Un arrêté du 22/07/2004 fait obligation d’effectuer des mesures dans les établissements recevant du public (ERP ) et, selon les niveaux d’exposition enregistrés, des actions correctives doivent suivre. Par contre, à ce jour, aucun texte réglementaire n’impose de mesurer l’exposition au radon au niveau de l’habitat (un projet est en cours d’élaboration) . Mais en parallèle des mesures sur ses ERP, dans le cadre d’une action de prévention-santé et de pédagogie sur le risque radon, la Mission Santé de la Ville de Nantes effectue depuis 2007 des campagnes de mesures au niveau des habitations des quartiers potentiellement les plus exposés (sillon de Bretagne, Bellevue, Chantenay, Durantière. Actuellement sont en cours d’évaluation : Dervallières/Contrie/Joncours. L’opération s’effectue selon le volontariat des personnes concernées et tous les frais sont pris en charge par la Ville. Une réunion publique de restitution des résultats a lieu à la fin de l’opération avec des conseils d’experts ou un accompagnement plus personnalisé pour les cas dépassant le seuil de 1000 Bq/m3. Cette démarche de la Ville de Nantes est unique en France. Ainsi, entre 2009-2012, 636 mesures ont été effectuées : 71% des habitations évaluées se situaient à un niveau inférieur à 300 Bq/m3, 26% entre 300 et 1000 Bq/m3 et environ 3% au-delà de 1000 Bq/m3.

Le radon est un gaz polluant majeur de la Qualité de l’Air Intérieur ( QAI ). Soyons acteur de notre santé !

Le radon s’infiltre dans l’habitat majoritairement par le sous-sol, au travers de fissures ou le long des conduits de canalisations .Sa concentration dépendra de la nature des roches sous le bâtiment, mais aussi des caractéristiques de la construction (mauvaise étanchéité de la base et des points de pénétration des canalisations, existence de drains, présence d’un sous-sol ou vide sanitaire ….), de l’efficacité de la ventilation et des habitudes d’aération des occupants. On considère que pour une concentration jusqu’à 300 Bq/m3, une bonne aération des pièces plusieurs fois par jour doit réduire significativement cette concentration, une valeur de l’ordre de 70 Bq/m3 permettrait de qualifier l’habitat comme étant sain. Par contre, avec des concentrations supérieures à 300 Bq/m3, un diagnostic des causes devra être fait par un professionnel compétent et à partir de 700 à 1000 Bq/m3, des travaux de remédiation devront rapidement être effectués (remédiation = action de réduire la teneur en radon en effectuant des travaux sur le bâti ). Mais là se pose le problème de la compétence des entreprises non formées au regard de ce risque spécifique et aptes à mettre en œuvre la bonne solution : des interventions inappropriées peuvent dégrader la situation. Des formations « radon » se mettent progressivement en place auprès des professionnels intéressés par ce marché potentiel. Une nouvelle mesure de concentration devra vérifier l’efficacité de la remédiation. La gestion du risque radon est l’affaire de tous. Les mesures effectuées par la Ville de Nantes ont mis en lumière que ce risque nous concerne et ont montré que les résultats sur une maison peuvent être très différents de ceux du voisin. La mesure s’effectue à partir d’un dosimètre à rayonnement alpha à usage unique dont le coût est de l’ordre de 25 €, conseils d’utilisation, enveloppe de réexpédition et analyse des résultats compris. Il y va de notre santé : faire un état des lieux ne peut être que bénéfique pour lever des doutes ou prendre les mesures qui s’imposent. (Pour acquérir un dosimètre, plusieurs choix sur internet comme : Dosirad, Algade, etc….)

Écrit par : Jean-Pierre Sarrazin sarrazinjean-pierre@sfr.fr

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14 octobre 2017