UFC-Que Choisir de Maine et Loire

Dossiers

Les animaux nuisibles

Des animaux domestiques ou sauvages, apprivoisés ou tenus captifs, souvent importés, peuvent se retrouver dans la nature accidentellement par négligence ou imprudence, voire par bêtise, et constituer des populations trop importantes, devenir invasifs et nuire à la faune et à la flore locales comme :

la chenille processionnaire du pin (ou du cèdre ou du chêne)

La chenille processionnaire du pin (blanc, d’Alep, laricio, maritime, noir d’Autriche, parasol, sylvestre), du cèdre de l’Himalaya et du chêne se reconnaît par ses gros cocons blancs situés sur les extrémités (branches et cimes pour le pin et le cèdre) ou ses nids soyeux tissés sur le tronc (1 m de long pour le chêne). Elle doit son nom à sa façon de progresser au sol en de longues cohortes à la queue-leu-leu pour changer d’arbre ou s’enfouir. Cette chenille, qui est la larve de plusieurs espèces de lépidoptères (papillons nocturnes ou diurnes), se nourrit des aiguilles des résineux (pin et cèdre) ou des feuilles du chêne, ce qui les affaiblit. La larve enfouie se transforme en chrysalide qui peut rester dans le sol plusieurs mois, voire plus. Outre les dégâts aux arbres, elle peut être dangereuse pour les enfants, les personnes sensibles ou les animaux de compagnie lors de ces processions sous la forme larvaire. En effet, cette chenille est dotée de soies urticantes et allergisantes. En se cassant, celles-ci libèrent des toxines pouvant provoquer des nécroses. Les zones touchées (jambe, main, cou, visage, bouche, œil, voies respiratoires) présentent des réactions allergiques ou provoquent des troubles sérieux. Des pièges existent dans le commerce, la mésange et certains rongeurs seraient friands de ces larves. Pour éviter la prolifération, un arrêté (municipal ou préfectoral) peut organiser la destruction.

Attention à ne pas manipuler le nid car celui-ci contient des poils qui peuvent rester urticants jusqu’à 2 ans après le départ des chenilles.

le crapaud xénope (ou crapaud à griffe ou dactylère du Cap ou grenouille griffue ou xénope du Cap ou xénope lisse)

Originaire d’Afrique australe (Afrique-du-sud, Malawi), il mesure environ 10 cm de long, possède des pattes antérieures avec 3 doigts griffus et des pattes postérieures puissantes et largement palmées. Sa couleur va du brun foncé au vert clair pour l’albinos. Utilisé dans l’étude du développement embryonnaire (tests de grossesse) depuis les années 1950 puis en impesanteur simulée car son élevage est facile et sa reproduction aisée. Échappé d’un laboratoire dans les années 1980, il est découvert dans le nord des Deux-Sèvres puis en Anjou. Depuis, le crapaud xénope s’est répandu dans tout le saumurois, colonisant étangs et rivières. Particulièrement vorace il consomme invertébrés aquatiques, poissons et autres amphibiens, ne laissant aucune chance aux occupants des mares et plans d’eau (triton, salamandre, crapaud commun, grenouille verte). On le retrouve en Loire jusqu’à Nantes. Il est porteur sain d’un parasite (champignon) provoquant une maladie infectieuse qui bloque les organes respiratoires de la faune des zones humides. Le parc naturel régional Loire-Anjou-Touraine s’inquiète de sa prolifération. Une traque de sa population a permis de capturer plus de 2.000 individus en 2018. S’il arrive sur les sites classés Natura 2.000 ou les réserves du biotope, il est à craindre pour la biodiversité aquatique locale. Sans prédateur connu, seul le piégeage permet de limiter son expansion.

Depuis 2017, il est la cible d’un programme européen de lutte contre les espèces exotiques envahissantes.

l’écrevisse de Louisiane

Crustacé décapode d’eau douce dont l’adulte mesure 10 à 12 cm (sans les 2 énormes pinces qui ont la même longueur) et pèse environ 50 g. Carnassière, parfois cannibale et sans prédateur, elle se nourrit de têtard, insecte, escargot et débris végétaux. Originaire de Louisiane (États-Unis-d’Amérique), elle a été introduite volontairement pour des raisons commerciales car sa croissance est rapide. Cependant, en 10 ans de présence sur un site, elle fait disparaître 99 % de la végétation aquatique, 70 % des insectes, 70 % des mollusques et plus de 80 % des amphibiens. Sa chair est comestible et sa pêche encouragée.

Elle a été introduite au Kénia pour réduire le nombre d’escargots aquatiques qui sont les intermédiaires indispensables au développement de la bilharzie (ver plat de 12 mm) qui doit, pour se sa reproduire, parasiter un mammifère (rat, buffle ou homme). La contamination se fait par les urines et défécations des mammifères lors d’un passage ou séjour dans les rivières et eaux dormantes (lavage, jeu, lessive, pêche). La bilharziose (2ème endémie parasitaire après le paludisme) a été mise en évidence par l’allemand Théodore Bilharz en 1852. Elle provoque toux, hémorragies, fièvres, fatigue, diarrhées sanglantes, lésions génitales propices au VIH, lésions cutanées, pulmonaires et nerveuses. Intestinale, urogénitale ou rectale, elle est responsable de cancers de la vessie et d’atteintes neurologiques.

En 2014, une bilharziose urinaire a été détectée en France, dans un petit fleuve côtier de Corse-du-sud, le Cavu. L’hôte intermédiaire identifié est un petit escargot d’eau douce (bulin). Originaire des zones tropicales, la bilharzie ne semble pas résister à l’hiver corse et le bulin ne vivrait qu’une seule année.

le frelon asiatique (ou frelon à pattes jaunes ou frelon chinois)

Arrivé en 2004 par Le Havre (Seine-maritime), caché dans des poteries venant de Chine, il a envahit la France puis le Portugal, le nord de l’Espagne et de l’Italie et des régions d’Allemagne, de Belgique et du Royaume-Uni. Sa taille (2 à 3 cm) est identique à celle du frelon européen. Son nid (ou guêpier) en cellulose mâchée contient 10 à 20 fois plus d’individus que celui du frelon européen. Aérien, il peut contenir jusqu’à 2.000 insectes et atteindre une hauteur de 1 m et 0,80 m de diamètre, alors que celui du frelon européen ne dépasse pas la taille d’un ballon de basket. Il se situe généralement haut dans des arbres, parfois au ras du sol, sous une charpente, dans les cheminées ou sur du mobilier urbain. Insecte opportuniste et invasif, le frelon asiatique se nourrit de mouches, guêpes, chenilles, abeilles et autres espèces pollinisatrices locales. La poule de Janzé serait un prédateur naturel (non confirmé scientifiquement), des pièges existent dans le commerce, des méthodes de capture sont décrites sur Internet mais il vaut mieux appeler un spécialiste pour 80 à 150 € selon la difficulté et le temps passé.

Cet insecte peut être dangereux pour l’homme du fait du nombre et de son agressivité. Une piqûre dans la gorge peut provoquer un œdème de Quincke (la gorge gonfle, l’air ne passe plus) ou un choc anaphylactique provocant une dilatation importante des vaisseaux sanguins et une chute brutale de la tension artérielle qui peut être mortelle.

Dans le Maine-et-Loire, il y a eu 2 morts à déplorer : en 2012 à Coron et en 2016 à Montreuil-Bellay.

la grenouille-taureau (ou ouaouaron ou wawaron ou grenouille mugissante ou grenouille américaine)

Originaire de Floride (États-Unis-d’Amérique), elle mesure 40 cm, pèse 0,5 kg. Elle peut atteindre 2 kg. Dans son milieu naturel, elle se nourrit de petits alligators. De 10 individus introduits pour garnir un bassin d’agrément, elle a envahi la Gironde, la Dordogne, les Pays-Bas, certaines régions d’Italie, d’Allemagne et d’Angleterre. Sans prédateur connu, elle est opportuniste et s’est adaptée en faisant preuve de voracité avalant chauve-souris, écrevisse, grenouille, oiseau, petit rongeur, poisson, poule d’eau, reptile, têtard, tortue. Tout ce qui se trouve sur son chemin est susceptible d’être avalé. Elle occupe tous les habitats et son impact sur un milieu naturel fragile est particulièrement néfaste. Comme elle se nourrit de nombreuses espèces d’amphibiens, les rainettes et autres crapauds se font rares dans le Sud-ouest et les moustiques prolifèrent (notamment le moustique-tigre).

Elle serait vectrice d’agents pathogènes (virus ou champignons aquatiques responsables d’épizooties). Elle ne semble pas être consommée en France.

la perruche à collier

Très bel oiseau coloré, la grande perruche sédentaire des savanes tropicales d’Afrique et d’Asie est un fléau pour les récoltes de céréales et de fruits dans ces contrées. Elle pèse 120 g environ pour 40 cm d’envergure et 45 cm de long. Relâchée accidentellement, elle se plaît à Cannes, Lille, Nancy, Orly, Paris, Roissy, mais aussi à Amsterdam, Barcelone, Bonn, Bruxelles, Cologne, Florence, Gênes, Londres, Madrid, Milan, Rome, Séville, Syracuse et Utrecht. De comportement grégaire, elle se rassemble à la tombée du jour sur un arbre dortoir pour y passer la nuit, générant des nuisances sonores et des fientes qui occasionnent des dégâts aux arbres, bâtiments, véhicules et voiries. Elle a pris la place des volatiles indigènes submergés par le nombre.

Elle pourrait être vectrice de la grippe aviaire.

le plathelminthe de Nouvelle-Guinée

Cousin du plathelminthe de Nouvelle-Zélande responsable de la diminution de la population des vers de terre en Écosse et Irlande-du-nord, c’est un ver plat appartenant à une famille de plus de 20.000 espèces dont la plupart sont des parasites. De couleur sombre avec une ligne claire sur le dos, long de 4 à 6 cm, large de 4 à 6 mm et épais de 2 mm, il vit dans le sol. C’est un prédateur des petits animaux terrestres qui recyclent la nécro masse et contribuent à la production de l’humus (arachnide, crustacé, escargot, insecte, limace). On le trouve en Guadeloupe, en Guyane, en Martinique, à Mayotte, à Monaco, au Portugal, à la Réunion, à Saint-Barthélemy, à Saint-Martin, en Suisse. Il a été ntroduit accidentellement à Caen (Calvados), Dans son habitat d’origine en altitude (3000 m), il supporte très bien la fraîcheur.

C’est un danger pour la biodiversité : il figure sur la liste noire des 100 espèces exotiques les plus néfastes au monde. On ne lui connaît ni traitement préventif ni prédateur.

le poisson-chat (ou fishcat)

Cousin du silure, il est ainsi appelé en raison de sa moustache (barbillons) rappelant celle du chat. Ses nageoires dorsales et pectorales peuvent présenter des épines pointues parfois toxiques. Adulte il pèse 1,5 kg et mesure environ 0,50 m. En zoologie, sa famille représente le quart du stock de poissons d’eau douce. Originaire d’Amérique-du-nord, il a été utilisé comme appât vivant et introduit accidentellement. Classé nuisible, cet omnivore s’adapte à tous les environnements et prolifére de façon incontrôlée. Il s’attaque même aux poissons ayant sa taille. D’appât, il est devenu prédateur. Il peut vivre très longtemps hors de l’eau, dans la vase en cas de sécheresse et même dans une eau chaude à 36°C. Il serait peu consommé en France.

Il est interdit de l’utiliser comme appât, car c’est ainsi qu’il s’est propagé.

le silure glane (ou silure albinos ou silure à barbe dorée ou silure jaune ou silure mandarin)

Originaire d’Asie, d’une croissance rapide et sans prédateur, il peut peser jusqu’à 130 kg, atteindre 2,50 m et vivre jusqu’à 50 ans. Il a été introduit dans les années 1970/1980 sans étude d’impact préalable par des pêcheurs adeptes du « no kill » désireux de prendre de gros poissons. C’est un poisson-trophée remis à l’eau après sa prise, ce qui explique sans doute sa taille et sa longévité. Carnassier opportuniste et cannibale, il se nourrit de tout ce qui vit dans et au bord de l’eau (amphibien, crustacé, larve d’insecte, mollusque, oiseau d’eau douce, petit mammifère). Super prédateur, ce glouton avale anguille européenne, brochet, canard, carpe, cormoran, écrevisse, foulque, grèbe, lamproie marine, moule d’eau douce, mulette de rivière ou autre organisme filtreur, petit chien, pigeon, poule d’eau, ragondin, sandre et saumon atlantique. Il peut trouver sa nourriture dans les sédiments d’une eau polluée. En zoologie, les siluridés représentent le quart des poissons d’eau douce. Sa chair comestible est peu recherchée, elle est vendue en filets blancs sans arêtes par les pêcheurs professionnels des fleuves.

Pour ceux qui sont pêchés dans le Rhône, leur graisse serait un bio accumulateur concentrant les molécules chimiques, notamment les métaux lourds.

le tamia de Sibérie (ou tamia mineur ou tamia rayé ou écureuil de Corée ou bouroundouk)

Pesant de 70 à 120 g, mesurant de 10 à 15 cm (sans la queue) et vivant de 5 à 12 ans, ce petit mammifère est très difficile à apprivoiser. Baptisé écureuil de Corée car importé de Corée-du-sud comme nouvel animal de compagnie (NAC), il est diurne, hiverne dans un terrier creusé dans les forêts de feuillus, les parcs et les jardins où il prend la place de notre écureuil commun. Localement très abondant, il est porteur de nombreux parasites (pou, puce, tique) vecteurs de zoonoses dont la borréliose de Lyme.

Il est interdit de vente dans les animaleries depuis le 14 février 2018 afin d’éviter l’installation de nouvelles populations.

la tortue de Floride (ou tortue à oreilles rouges ou tortue à tempes rouges ou trachémyde à tempes rouges)

Vivant dans les zones humides des Appalaches, des Rocheuses et des marais d’Amérique-du-nord, elle a été présentée dans les années 1970 comme une tortue « naine« . Les animaleries occultaient le fait que l’adulte pouvait atteindre 3 kg. Les propriétaires s’en sont débarrassés car, de la taille d’une pièce de 1 franc à l’achat, trop nourrie avec des croquettes pour chien et chat, elle a atteint la taille de 30 cm et pesé jusqu’à 3 kg, provocant de nombreuses morsures avec son bec acéré. Dangereuse pour les espèces locales, vorace et omnivore, elle s’attaque à la flore (algues et plantes aquatiques) et à la faune (amphibiens, insectes et poissons). Dans nos rivières, elle a pris la place de la cistule (notre tortue des marais).

Source d’infection à la salmonelle, son introduction est interdite depuis le 10 juillet 2010.

animaux dont l’introduction est interdite en France métropolitaine

– amphibien : grenouille-taureau,

– crustacé : crabe chinois, écrevisse américaine, écrevisse américaine virile, écrevisse à pattes bleues, écrevisse de Californie, écrevisse de Louisiane, écrevisse marbrée, écrevisse signal,

– insecte : frelon à pattes jaunes, frelon asiatique,

– mammifère : castor canadien, cerf aboyeur, cerf sika, chien viverrin (ou chien-martre ou racoon-dog ou chien raton-laveur ou tanuki), coati roux, écureuil à ventre rouge, écureuil de Pallas, écureuil fauve, écureuil gris, écureuil renard, lapin américain, mangouste de Java, muntjac de Chine, muntjac de Formose, ragondin, raton-laveur, rat surmulot, tamia de Sibérie (ou écureuil de Corée), toutes les espèces de sciuridés (sauf marmotte et écureuil roux), vison d’Amérique, wallaby de Bennett,

– oiseau : bernache du Canada, corbeau familier, érismature rousse, ibis sacré, ouette d’Égypte, perruche à collier,

– poisson : goujon de l’Amour (vecteur de maladies infectieuses émergentes), goujon asiatique (ou pseudo rasbora parva),

– reptile : toutes les tortues de Floride dont la trachémyde écrite.

 

textes à consulter (version au 18 octobre 2019)

-code de l’environnement (articles R411-39 à R411-42).

-arrêté du 14 février 2018 relatif à la prévention de l’introduction et de la propagation des espèces animales exotiques envahissantes sur le territoire métropolitain.

-arrêté du 8 octobre 2018 fixant les règles générales de détention d’animaux d’espèces non domestiques.

-arrêté du 15 mai 2019 modifiant les conditions de détention d’animaux d’espèces exotiques envahissantes au titre des régimes particuliers.

 

octobre 2019 –